Peur et décision

Peur. Angoisse. Des mots qui s’implantent dans les publications et les conversations ces derniers temps.

Serait-ce ça l’humanité aujourd’hui ? Une population vouée à se lever la boule au ventre et à s’endormir prostrée dans l’attente d’un désastre ?

Peur d’une seconde vague. Peur de tomber malade. Peur d’aller travailler. Peur de perdre son travail. Peur que ça reparte comme avant. Peur que ça ne soit plus comme avant.

 

Peur de vivre ?

 

Moi aussi j’ai peur, mais pas du tout de ça. Pourtant j’ai été touchée de près par l’épidémie. J’y ai laissé des plumes, une tata qui n’apparaîtra plus que sous la forme d’une tulipe jaune sous ma fenêtre.

 

Moi j’ai peur de la distanciation sociale. De cette déshumanisation dans une société déjà bien trop individualiste. J’ai peur que disparaissent les mains tendues, la compassion, l’amour de son prochain. J’ai peur que les sourires ne réapparaissent plus, même une fois les masques tombés. J’ai peur de la méfiance qui s’immisce subtilement mais voracement entre les individus. Individus que l’espoir d’un monde meilleur et la volonté de le bâtir devraient rapprocher.

 

J’ai peur des lueurs qui s’éteignent dans les cœurs. J’ai peur de la délation qui se met insidieusement en place, comme si elle était justifiée. J’ai peur des barrières qu’on érige, en gestes et en intentions. J’ai peur pour nos libertés qui se font rogner sans que personne n’ose sourciller. J’ai peur des solutions intrusives que les gouvernements pourraient nous imposer.

 

Mais ce qui me terrorise, bien plus que tout ce que j’ai pu lister jusqu’ici, ce sont les ultimatums qui nous attendent : celui de l’effondrement climatique, ou de la crise alimentaire qui se profile. Des sujets ô combien brûlants, qui ne sont pourtant jamais traités sérieusement par nos dirigeants ni les médias mainstream.

 

Parce que j’ai bien conscience que je ne peux pas changer la face du monde à moi seule et que je n’ai d’impact que sur ma réalité, j’ai décidé de continuer à vibrer de l’optimisme et à envoyer de la lumière. De sourire sans masque et d’avancer en confiance. De sortir respirer l’air pur et de faire germer des graines. Des graines d’amour et aussi des vraies semences, de celles qui poussent dans la terre et pourront me nourrir.

J’ai décidé de penser que l’humanité ne s’inquiétait pas pour les vrais sujets, et que puisque c’était comme ça, moi je ne m’inquiéterai plus du tout.

Parce que l’inquiétude paralyse et que je veux continuer d’avancer.

J’ai décidé qu’être vivante est une chance et non pas un danger. Qu’être mortelle rend la vie précieuse et non pas effrayante.

J’ai décidé que j’ouvrirais toujours mes bras pour réconforter celui qui en a besoin, même un inconnu dans la rue.

J’ai décidé que ma vie, mes habitudes, mon métier, pouvaient changer du tout au tout en un éternuement, et que je m’adapterais.

J’ai décidé d’accepter de ne plus voyager, et que ce serait ok.

J’ai décidé de vivre au présent, parce que c’est l’unique paramètre concret.

J’ai décidé de choisir ma réalité.

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1 Commentaire

  • Muriel dit :

    Bonjour

    J adore ton billet et je suis d accord avec beaucoup de choses que tu exprimes
    Peur de la déshumanisation de la méfiance les uns envers les autres de la perte des libertés
    En revanche je garde mon masque étant immuno déficient et je sourirais avec mes yeux et continuerais à donner de l amour par des actes .

    Pour les voyages étant ma passion je reste optimiste pour l avenir et continuerais à faire une liste de projets qui se reporteront si nécessaire comme je l ai fait pendant ma maladie
    Histoire de pas me mettre un mur devant moi

    On est vivant en bonne santé comme tu dis c est le principal

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