Partir en tour du monde : mon expérience et mes conseils

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On m’interroge régulièrement sur mon tour du monde, des questions souvent posées par des personnes qui aimeraient se lancer mais qui n’en sont qu’aux prémices du projet.

Voici donc un petit bilan de ma fantastique expérience. Je resterai factuelle et matérielle, chacun vivant son voyage à sa manière, je ne suis pas sure que les émotions aient leur place ici. En effet, il y a autant de styles de tour du monde qu’il y a de voyageurs. Sur ma route j’ai rencontré pas mal de profils différents, du hippie à la famille bobo avec trois enfants, l’essentiel est donc d’appréhender son voyage selon ses envies pour se concocter son propre tour du monde idéal. C’est souvent le voyage d’une vie, alors autant tout mettre en œuvre pour qu’il frôle la perfection.

La plus grosse partie du voyage (et pas la moins excitante) réside dans la préparation. Loin d’être une corvée, c’est le moment où tout est permis : on imagine, on projette, on planifie. C’est grisant d’être à la frontière de son rêve, d’avoir à ses pieds l’éventail infini de destinations possibles qu’offre notre belle planète.

Retour six ans en arrière…

La naissance du projet :

Mon tour du monde (que j’appellerai TDM dans le reste de l’article), j’ai commencé à le mûrir dix mois avant le départ. A la base j’avais prévu de partir six mois en stage en Australie avec mon amoureux. Ce projet s’inscrivait dans l’année de césure que nous avions choisi de faire entre notre quatrième et cinquième année d’études. Et puis un dimanche matin en faisant des recherches pour mon cours d’espagnol je suis tombée par hasard sur le blog de deux filles ayant fait un TDM d’un an. Deux SMS plus tard nous avions décidé de commencer notre césure par neuf mois de stage (imposés par notre école pour toute année de césure) en France puis d’enchaîner sur six mois de TDM… L’idée farfelue est devenue projet réel en moins de cinq minutes ! Et ouais on est comme ça nous !

La mise en place du projet :

Le stage répondait à une des problématiques, si ce n’est LA problématique : l’argent (1000 euros chacun par mois). Soit tout de même économies et serrage de ceinture pendant neuf mois afin de financer une grosse partie du voyage. Nous avions deux autres idées de financement : travailler un ou deux mois en Australie (des petits jobs) et donner un thème à notre TDM afin de demander des financements. En réalité ni l’un ni l’autre n’ont abouti. Nous avions choisi comme thème l’écologie (visiter une action de développement durable dans chaque pays visité). Après avoir monté un super dossier (plusieurs mois de recherches, de rédaction, de demandes de partenariats, d’interviews données dans les journaux locaux), nous avions un projet hyper intéressant, des contacts dans presque tous les pays, un partenariat avec deux collèges, une exposition photo prévue… Malheureusement la crise est arrivée et avec elle une pluie de réponses négatives. Riches d’encouragements mais refroidis par la quantité de travail pour pas grand-chose, nous avons abandonné le thème et décidé de partir en simple voyage culturel, financé par notre stage seul.

Je ne sais pas à combien s’élevait notre budget au total, je dirais autour de 8000€ par personne. Nous avions peur de manquer et de devoir demander une rallonge à nos parents (ce que nous voulions à tout prix éviter). Nous avons donc vraiment voyagé à l’économie, chaque sou était compté. C’est épuisant à force, vraiment. Avec le recul on se rend compte qu’on s’est énormément privés, autant pour la nourriture, que les activités ou l’hébergement. Certains jours j’avais faim mais quand on est sur une île quasi déserte et qu’il n’y a rien à part un buffet à 40 euros par personne, on ne mange que les pamplemousses cueillis dans les arbres ou les noix de coco ramassées par terre. Malgré tout je n’aurais pas voulu voyager autrement, ça fait partie de l’aventure et ça a engendré des anecdotes merveilleuses. Un TDM en taxi, grand hôtel et resto tous les jours ne nous auraient de toute façon pas intéressés.

L’itinéraire

Inde (Dehli, Agra, Jaipur) : 2 semaines
Cambodge (Phnom Penh, Siem Reap) : 10 jours
Hong Kong : 3 jours
Australie (Perth, côte ouest, Sydney, Blue Mountains) : 2 mois et demi
Nouvelle-Calédonie (Nouméa, Hienghène, La Foa, Bourail, l’île des Pins) : 3 semaines
Nouvelle-Zélande (Auckland, Taupo, Rotorua) : 1 semaine
Île de Pâques : 5 jours
Chili (Santiago, Valparaiso) : 1 semaine
Mexique (Cancun, Playa del Carmen, Merida, Valladolid, Tulum, Isla Mujeres) : 2 semaines
New-York : 3 jours

Départ : 4 mars 2009. Une date gravée à vie.

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Le transport

Pour relier les pays, nous avons utilisé l’avion : un pass tour du monde One World. C’est un groupement de plusieurs compagnies, cela permet de se rendre presque partout. Il existe différentes formules, nous avions pris le plus gros pass, Océanie oblige, soit seize billets open. Ce n’est pas évident de tracer l’itinéraire à l’avance, ça enlève un peu de la spontanéité au voyage mais nous avions besoin de le cadrer un minimum, déjà d’un point de vue budget (pas de surprise sur le plus gros poste de dépense) mais aussi pour simplifier la préparation (projet développement durable, respect de notre timing, choix des vêtements, vaccinations, contacts dans les pays…). Les billets open sont néanmoins indispensables, nous avons changé de nombreuses fois les dates pendant le voyage, soit pour rester plus longtemps à un endroit soit pour en partir plus vite. L’avion fut sans surprise la plus grosse dépense : environ 3400 euros par personne.

Pour nous déplacer à l’intérieur d’un pays nous avons essentiellement utilisé les transports locaux (bus, train, tuktuk, stop, covoiturage). Nous avons pris une fois le taxi au Mexique pour des raisons de sécurité. Sur les îles nous avons loué des scooters et dans les Blue Mountains un campervan.

L’hébergement

Très varié lui aussi, nous avons tout testé sauf le couchsurfying que nous n’avons pas réussi à finaliser : guesthouses, auberges de jeunesse, hôtels, camping, camping sauvage, hébergement par des amis, colocation, sièges d’aéroport, campervan… Nous devions passer cinq jours en tente, nous avons finalement dormi six semaines dedans !!!

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Le matériel

Un sac de rando contenant quelques vêtements (un pantalon, un jean, deux pulls, un gilet, un short, une jupe, quelques t-shirts, une casquette et un maillot de bain), une paire de tongs et une paire de baskets. Une paire de lunette de soleil. Une tente extra light, une moustiquaire, des produits anti-moustique, une trousse de toilette réduite au minimum, un oreiller gonflable, un sac de couchage hyper light, un tapis de sol, une gourde, un couteau, un sac à dos, un netbook, un appareil photo, une caméra et un vieux Nokia. Un sèche-cheveux et des adaptateurs de prise. Un carnet, des stylos, une pochette avec les papiers importants. Deux ou trois guides touristiques. Et c’est à peu près tout. Ah non il me semble aussi une assiette en plastique et des couverts.

Sac de 9.8 kilos pour ma part à CDG lors du départ. Un peu plus pour l’Amoureux qui portait la tente, environ 16 ou 17 kilos je crois.
Je suis assez coquette alors j’avais tout de même emporté un crayon noir et un blush, j’ai dû m’en servir 4 fois en 6 mois. Lors d’un TDM les priorités changent. Quand on doit marcher des kilomètres avec ça sur le dos, c’est hyper lourd. Il faut emporter l’essentiel. On devient comme un escargot qui porte sa maison sur son dos.

Ce qu’il nous a manqué : du matériel de camping. Nous n’avions rien du tout pour cuisiner, on s’est équipés au fur et à mesure : une vieille casserole trouvée par-ci, une poêle gentiment offerte par-là… Bref on a improvisé ! A certains moments nous vivions un peu en mode survie comme sur Koh Lanta. C’était parfois dur à vivre mais ça faisait vraiment partie du charme de l’aventure !

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Les manques

Pour ma part en six mois ce qui m’a le plus manqué c’est ma salle de bain. Se laver à l’eau chaude dans un endroit propre, quand on en bénéficie tous les jours on ne se rend pas compte de la chance qu’on a.
La « salle de bain » la moins confortable je crois que c’était celle de notre premier camping sur l’île des Pins… En plein milieu du camping, un jet d’eau froide bordé d’un muré en briques. L’eau froide dans un pays chaud ça passe, mais quand il fait froid et qu’il pleut c’est horrible :

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Ce qui vient en deuxième ce sont les vêtements, j’en avais marre d’être habillée tout le temps pareil (mais comment font les personnages dans les dessins animés ?!). Surtout que les tâches ne partaient plus et les vêtements se sont abîmés très vite (forcément, comme on mettait toujours les mêmes !). Heureusement on a passé quand même beaucoup de temps en maillot de bain !

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Quelques conseils pour optimiser son tour du monde si c’est un voyage à plusieurs :

(ils valent ce qu’ils valent et n’engagent que moi bien sûr)

  • Partir avec quelqu’un que l’on connait très bien et avec qui on a déjà vécu au quotidien (sauf pour ceux qui veulent voyager avec un travel buddy bien sûr).
  • Avoir la même somme d’argent chacun, définie au départ.
  • Préparer un budget réparti en fonction des différents postes. Même si on ne le respecte pas à la lettre ça donne une idée.
  • Savoir avec quel type de voyageur on part ! Ce n’est pas une fois dans l’avion qu’il faut se demander si notre buddy est plutôt musée ou plutôt plage. Plutôt boîte ou plutôt levé du soleil sur le désert. Plutôt hôtel ou plutôt camping sauvage. Plutôt nature ou plutôt ville.
  • Être sûr de soi et avoir un moral d’acier car même si on a du mal à y croire, ce n’est pas simple tous les jours.
  • Avoir une idée des pays que l’on aimerait visiter pour ne pas se disputer en chemin.
  • Être prêt à faire des concessions, beaucoup de concessions.
  • Savoir vivre avec le minimum, sans confort, sans connexion Internet, sans téléphone, sans superflu.

Voilà mon petit bilan, j’aurais pu écrire encore des pages et des pages. C’est une aventure fabuleuse qui a tissé un lien vraiment fort entre mon amoureux et moi. Après l’avoir fait, je sais que je n’aurais pas pu le réaliser avec quelqu’un d’autre que lui. Selon moi la base de la réussite d’un tel voyage, avant toute préparation, c’est le choix de son compagnon de voyage.
Si ça intéresse quelqu’un le blog de notre TDM est toujours en ligne, je peux envoyer l’adresse par mail.

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Avez-vous déjà réalisé un voyage de plusieurs mois ou seriez-vous partant pour tenter l’expérience ?

Ces conseils vous semblent-ils pertinents ?

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2 Commentaires

  • Juliette B dit :

    Quelle belle expérience intéressante.. après avoir voyagé 1 mois en backpack cet été au Vietnam (+ siem reap + sud de la thailande) j’ai réellement pris goût au voyage et même si ça sera difficile pour moi de me lancer dans 1 TDM j’ai la certitude de vouloir faire encore plein de voyages de ce style :). je suis intéressée par votre site. ton blog me plaît toujours autant ;).. à très vite

  • Ori dit :

    Très chouette ton article! Je me demande en quelle année tu as fait ton tour du monde parce que j »en ai fait un entre 2007 et 2008 en visitant quasiment les même pays. Si ça se trouve on s’est peut-être croisé!

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