Peace and love… and hope

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Ce week-end, comme vous tous j’imagine, je l’ai passé accroché à mon téléphone et les yeux rivés sur la télé que je n’allume jamais d’habitude. J’étais dans ma province, pas si loin de Paris, soixante kilomètres à vol d’oiseau de la place de la République. J’aurais pu être à Paris, comme ce vendredi soir d’octobre où j’ai appelé l’Amoureux sur un coup de tête en lui disant de me retrouver sur une aire d’autoroute après le travail, que je passais prendre les chiens, qu’on allait se faire un resto végane à Paris. J’aurais pu aussi avoir des amis ou des connaissances attablés à ces terrasses ou dans la salle du Bataclan. Ce n’est pas le cas et pourtant j’ai mal, j’ai le coeur qui saigne, le souffle court. Pas d’entrain, plus d’envie. Ce sont des questions qui se bousculent dans ma tête, des interrogations. Le sentiment d’injustice. La peur aussi. Oui j’ai peur, je suis inquiète pour mon pays.

En janvier j’étais déjà bouleversée, choquée, révoltée mais j’étais restée sereine, sûrement parce que les cibles étaient précises. La liberté de la presse les dérangeait, ils ont voulu la faire taire. Ils ont ensuite visé les personnes de confession juive. Je n’ai pas de religion, je suis agnostique, je ne suis pas révolutionnaire, je ne m’intéresse pas à la politique, je milite juste pour un monde éthique et respectueux. En quoi cela pourrait-il les déranger ? Qu’ont-t-ils à nous reprocher, nous, jeunes gens inoffensifs ? Aujourd’hui je réalise que si, ça peut suffire. Que c’est après ma génération qu’ils en ont. Tout ce qui nous caractérise : la jeunesse, la fête, la musique, l’alcool, le sexe débridé, la liberté d’expression, la liberté de faire ce qui nous chante.

Aujourd’hui je mesure l’insouciance dans laquelle j’ai vécu depuis ma naissance : ne craindre pour sa vie (ou celles de ses proches) qu’en traversant la route « sans regarder » ou se baladant dans un quartier mal famé la nuit.

Hier, lundi, j’ai essayé de faire comme si ça allait, j’ai tenté de reprendre le cours normal de ma vie, au travail, chez moi, ici. Je n’avais pas prévu d’en parler sur le blog et encore moins d’en faire un article. J’ai voulu avancer en publiant « normalement », grâce à un article écrit depuis plusieurs semaines. Et puis aujourd’hui je me retrouve face à une page blanche, face à la réalité, face à mon malaise. Je réalise que j’ai besoin d’en parler, de poser des mots maladroits sur ce que je ressens. Que ça sorte. J’ai surtout besoin de transformer tout ça, cette tristesse, cette crainte, cette impuissance en quelque chose de positif. Quand je me connecte sur les réseaux sociaux, je ne reconnais pas mon pays. Tous ces drapeaux, ces témoignages, ces larmes, ces visages d’inconnus tombés ce week-end qu’on a finalement l’impression de connaître, me prennent aux tripes. Est-ce que ça reviendra comme avant ? Est-ce que mon fil d’actualité recommencera à être coloré ? Est-ce que vous allez à nouveau m’inonder de vos photos de vacances et des sourires de vos enfants ? Est-ce que vous allez vous remettre à poster des vidéos d’animaux trop mignons ? Quand ?

J’ai besoin de me rappeler que le monde est beau, que tout n’est pas noir, qu’en cherchant on peut trouver du rose aussi.

J’ai besoin de me raccrocher aux choses simples. La beauté d’un coucher de soleil, le bonheur d’embrasser son amoureux(se), de tenir une main amie. La chaleur du soleil, la calme de la nature, le goût sucré des fruits. La pureté d’une plage du Pacifique. La douceur du coton, la fidélité d’un chien, l’odeur d’un bouquet de fleurs. La lecture d’un bon bouquin. La fragilité d’une bulle de savon. Le bonheur d’être ensemble. L’enivrement d’une bouteille de champagne. Les cheveux au vent, les bikinis, les jeans troués. Les vélib’RES. L’odeur du café noir. L’énergie d’un spectacle, le partage d’une rencontre sportive, la grâce d’un ballet à l’opéra Garnier. L’innocence d’un enfant, l’envie d’une pâtisserie. Les sourires, la joie.

J’ai besoin de me souvenir de la chance d’être Française, de l’ivresse d’être libre, du plaisir de me promener à Paris. Paris libre. Paris chic. Paris amour. Paris solaire.

Entourons-nous d’amour et d’images positives, pour se rappeler que la vie peut être belle. La vie doit être belle.

La vie est belle.

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Crédit photo de couverture : Sacha Kalis

Crédit photos article : Pinterest

 

 

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